journee fibromyalgieMessieurs, Mesdames, aimeriez-vous lire une très bonne nouvelle en cette journée de reconnaissance de la fibromyalgie du 12 mai 2015 ? Êtes-vous ouvert(e) à la possibilité que les dernières études scientifiques et cliniques indiquent enfin le chemin de soulagement des principaux symptômes de douleurs et de fatigue[1] présents dans cette maladie ?

Tout semble pointer vers la présence d’un probable stress perturbateur très important à un certain moment de la vie, quelquefois réactivé par un second stress au cours de l’existence. Car plusieurs observations montrent que le système nerveux central ait déclenché une réaction dite sympathique lors de l’avènement d’un choc, d’une grande peur, très souvent au cours de l’enfance. Le corps aurait alors lancé de façon totalement instinctive, autonome, réflexe, involontaire, une réaction de fuite, de combat ou de gel.

Pour parler en termes plus compréhensibles, on a observé[2] « que des événements traumatiques antérieurs peuvent être en cause dans l’apparition de la fibromyalgie ». Le problème actuel semble se situer davantage au niveau du fait que les soins médicaux traditionnels ne savent pas comment traiter ce genre d’affection autrement que par la prescription de médicaments. Et la pratique démontre bien qu’aucune pilule ne va modifier le mode de vie et résoudre de façon durable les réactions d’hypervigilance d’une personne en état de stress pour sa survie.

Et bien que des situations d’abus diverses dans l’enfance puissent être en cause, le traumatisme premier ou répétitif ne consiste pas toujours en un événement stressant identifiable par des critères objectifs de menace de mort. Non, parfois les conditions de vie, vues par un enfant impuissant et en détresse, sont plus subtiles. Par exemple, une dame dans la cinquantaine raconte que petite fille de 5 ans, elle a dû surveiller le nouveau-né posé sur une table pendant l’absence momentanée de sa mère. Toute sa vie, elle a fait un rêve récurrent où une poupée de caoutchouc tombait de table en rebondissant. Dans sa vie courante, cette dame intervenait constamment auprès d’enfant qu’elle croyait en détresse.[3]

Pour trouver quel événement aurait pu susciter l’activation de mécanismes de défense, débusquez la situation que vous pourriez raconter « comme si ça s’était passé hier », ce moment que vous pourriez décrire en détail parce qu’encore frais dans votre mémoire émotive. Voilà, possiblement, le caillou dans le soulier, celui qui vous tient éveillé et en hyperactivation constante, celui qui empêche le repos et qui active le sentiment de n’être pas en sécurité.

Surtout, ne restez pas seul(e) avec ce rappel d’événement perturbateur. Tout psychothérapeute accrédité à une technique de résolution de traumatismes, tel que les psychologues et psychiatres utilisant l’approche EMDR, peuvent vous aider à dissoudre les déclencheurs de craintes qui sont demeurées très actives, car le cerveau émotif est plus proche du système de survie que ne l’est le cerveau logique, rationnel, verbal. Donc ce premier ne se résout pas à relâcher l’intensité du stress par la simple volonté de le faire.

Dans tous les Salons du livre, des personnes s’étant libérées de la fibromyalgie[4] viennent témoigner à mon stand de la possibilité bien réelle de se départir des douleurs et de la fatigue. Bien sûr, ce chemin ne se parcourt pas en une seule journée, ni même en un mois. Si le temps a vu s’installer tranquillement, mais sûrement, des tensions qui peu à peu deviennent d’une extrême souffrance, causant à force de mal dormir de l’épuisement et tous les maux qui s’en suivent, anxiété, problèmes digestifs, irritabilité, etc., le temps et les traitements appropriés destinés à renverser la vapeur, à recréer le calme en soi, seuls ces ingrédients de sérénité favoriseront un soulagement significatif.

Cela, l’installation d’un périmètre de sécurité intérieure, et cette phrase d’empowerment que me confiait une dame dans la soixantaine qui s’est regardée un jour dans le miroir et s’est dit : « J’ai du pouvoir ». Bien entendu, elle avait découvert intuitivement la façon de se décoincer d’un sentiment d’impuissance qui l’avait maintenue prisonnière pendant des décennies.

Je vous souhaite à tous et à toutes de renouer avec le goût de la découverte ou de la redécouverte de votre pouvoir intérieur, bien accompagné(e) par des thérapeutes à votre écoute, vous guidant vers le meilleur de vous-même.

Paule Mongeau, M. Ps., psychologue, auteure et directrice des ouvrages collectifs Fibromyalgie, quand tu nous tiens


Références : 

[1] Voir l’ouvrage collectif de 16 auteurs Fibromyalgie, quand tu nous tiens ! (2014) Éditons du Grand Ruisseau. Disponible en Amérique et en Europe francophone.

[2] Lignes directrices canadiennes 2012 pour le diagnostic et la prise en charge du syndrome de la fibromyalgie. www.canadianpainsociety.ca/…/Fibromyalgia_Guidelines_2012.pdf, consulté le 15 janvier 2015. Ce document, ainsi que les recommandations qu’il contient, ont été cautionnés 
par la Société canadienne de la douleur (SCD) et la Société canadienne de rhumatologie (SCR). 

[3] Voir le chapitre de P. Mongeau, psychologue et directrice du second ouvrage collectif, celui-ci de huit auteurs Fibromyalgie Carnets pratiques (2015) Éditions du Grand Ruisseau.

[4] Lire le témoignage de trois personnes dans Fibromyalgie, quand tu nous tiens !